lundi 31 août 2015

Le Darshan... pour moi

Parmi les nouveautés théologiques apportées par le Christianisme par rapport à la vision religieuse précédente... ce matin je me suis arrêté un instant sur celle qui est exprimée dans le prologue de l'Apocalypse, où Dieu est défini comme « Celui qui est, qui était et qui vient » (Ap.1,8).
En le comparant avec le principe analogue présent dans la tradition hébraïque, où l'affirmation divine « Je suis » (Dt.32,39a) était exprimée par la paraphrase « Je suis celui qui est, qui était et qui sera » (Targum P.Jonatan)... à première vue on pourrait penser qu'entre ces deux expressions il n'y a pas trop de différence... mais il n'en est pas ainsi :
À la différence du « qui sera » hébraïque... se référant à la révélation de Dieu à la fin des temps... le « qui vient » de l'Apocalypse nous parle en effet d'un Dieu qui continuellement fait « toutes choses nouvelles » (Ap.21,5) et qui par conséquent n'admet pas qu'on puisse se limiter à attendre une révélation de Sa part reléguée dans le futur, nous faisant vivre dans une attente qui lie le présent (« qui est ») au bagage des « vieilles choses » héritées de la tradition (« qui était »).
Ce fut là, en réalité, l'erreur commise par le peuple d’Israël lorsque, comme nous le rappelle Jean dans son Évangile, le Verbe est venu « chez les siens, et les siens ne l'ont pas accueilli » (Gv.1,11).
La nouveauté de Christ rencontra en effet un monde religieux qui... vivant l'attente du « Dieu qui sera » de façon « cristallisée » sur le passé... ne pouvait pas concevoir l'incessante « nouveauté » de l'Immanuèl (Mt.1,23), le Dieu « qui vient » parmi nous dans le Christ... lequel, évidemment, contredisait l'image messianique traditionnelle.

Eh bien... la tentation de penser avec les paramètres religieux stéréotypés de l'ancien, en refusant par conséquent le Dieu qui fait « toutes choses nouvelles » (Ap.21,5), est une inclination qui a résisté, inoxydable, au passage des siècles.
Il suffit par exemple de penser combien on n'avait pas entendu, à l'époque de Jésus, l'admonestation prophétique, pourtant très claire, d'Isaïe :
« Ne vous souvenez pas des choses précédentes, et ne considérez pas les choses anciennes. Voici, je fais une chose nouvelle ; maintenant elle va germer : ne la connaîtrez-vous pas ?» (Is. 43,18-19)
Mais, fait encore plus grave, il suffit de penser comme cette mentalité a su « résister » jusqu'à aujourd'hui, en se présentant à nouveau en ces chrétiens qui, attribuant une validité à ce qui est « ancien » seulement, continuent à vivre une foi « vieillie », fossilisée dans le passé... incapable de reconnaître la nouveauté incessante du Dieu « qui vient », et qui continuellement « renouvelle ainsi la surface de la terre » (Ps. 104,30).

Pensant à tout cela... et voulant m'aventurer aujourd'hui dans la mission impossible de résumer en quelques lignes le Darshan de Swami Roberto... je peux dire, par une expérience directe presque vicennale, qu'il s'agit pour moi du « rendez-vous avec Dieu », où la Parole Éternelle me guide pour reconnaître l’œuvre incessante de « Celui qui fait toutes choses nouvelles »... et stimule mon intellect et ma conscience à ne jamais se contenter de l'habitude... en les gardant dynamiquement ouverts au « toujours nouveau » du Seigneur « qui vient ».


Étape suivante :  L' « éventail » du Darshan  

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