vendredi 15 octobre 2010

Sommes-nous en paix?

« Paix » est un mot sur lequel, comme nous le savons, l’humanité fait converger d’infinies aspirations, des promesses et des espoirs.
Pour vous aider à réfléchir sur la paix, je vous parle aujourd’hui d’un discours publié dans le volume II du livre « En écoutant le Maître » (Tu peux cliquer ici pour lire le texte "Sommes-nous en paix ?" sur le site officiel d'Anima Universale).
Il s'agit d'un enseignement où Swami Roberto nous amène à réfléchir sur le fait que la « paix » est aussi, trop souvent, un mot mal compris … et souvent remis en question de manière égocentrique par nombre de personnes qui visent surtout à être laissées « en paix ».
Swami dit:

« Certains comprennent la paix comme la condition dans laquelle on arrive à être en harmonie avec soi-même, mais seulement dans le sens de faire en sorte qu’on se sente bien dans son corps.»

« Une personne pense presque toujours être en paix quand elle est en bonne santé, qu’elle se sent sereine et que ses besoins sont satisfaits… et peut-être qu’elle ne désire même pas beaucoup de choses parce qu’elle se contente du peu dont on a besoin pour vivre avec dignité et pense ainsi être en règle ».

Les paroles du Maître mettent en évidence que la paix, dans le sens spirituel du mot, ne peut être associée à l’état de calme où on se réfugie pour éviter les souffrances et les soucis. Viser au calme personnel ne signifie pas encore qu’on veut la Paix, celle qui est vraie et divine, qui caractérise les hommes et les femmes de Dieu.
En effet le Maître parle de la paix comme de :

« …l’état de l’équilibre de l’esprit et de l’âme. »

et pour l’atteindre, dit Swami…

« c’est bien de travailler à l’intérieur de soi pour s’exercer afin d’atteindre son équilibre, à travers lequel s’ouvre grand la porte qui permet à la paix de s’emparer de vous… »

les paroles du Maître conduisent à un concept de paix qui concerne la responsabilité spirituelle de l’individu et qui part de l’édification d’un équilibre intérieur sans lequel il est impossible d’apporter dans le monde des pensées, des paroles et des actions de paix authentique.
Dans cette perspective vivent comme des constructeurs de paix seuls ceux qui ne se contentent pas d’un armistice intéressé avec leurs désirs égoïstes (parmi lesquels aussi celui de n’être dérangé par rien), mais qui cherchent beaucoup plus : la pleine réponse aux insistances de leur Soi, qui leur rappelle de respecter totalement leur responsabilité d’êtres spirituels, nés pour aimer.
La paix donc – ajoute Swami – comme le fruit d’une volonté précise, qui refuse les compromis et construit son unique expression digne en partant des fondements indispensables : la loyale bataille intérieure contre ses limites, afin de croître dans la capacité d’aimer son prochain.

« La paix est béatitude et vous pouvez la conquérir seulement si vous êtes à même de vous discipliner en conduisant avec persévérance votre “guerre sainte” intérieure. »


« Sachez que la paix dont je vous parle ne vous conduit pas loin du monde, elle n’est pas un synonyme d’évasion mentale, et encore moins une fuite de la réalité de vos devoirs dans la société et en famille. »

Le Maître esquisse les contours de la Paix… celle avec un P majuscule… et il explique comme elle doit absolument passer à travers le renoncement à une attrayante paix personnelle, en faveur d’un élan altruiste envers les autres… en famille… dans la société où on vit.
En effet – souligne Swami – la Paix n’est pas la paix que recherchent et défendent jalousement les « évadés de la société », c’est-à-dire ceux qui se réfugient dans une réalité ouatée, exempte de douleurs, de souffrance et des requêtes désagréables que le prochain pourrait leur présenter.
Le Maître affirme…

« Personne, savez-vous, ne peut dire qu’il est vraiment en paix si en même temps il n’est pas sensible aux exigences du prochain et de l’environnement ».


« Je ne répéterai jamais assez qu’on ne peut faire de différences entre l’amour envers Dieu et celui envers le prochain, sinon cela serait comme penser que l’eau dans le verre est différente de l’eau de la bouteille qui l’a rempli. »

Swami Roberto prend par la main ceux qui veulent s’abreuver à la source de sa pensée spirituelle et il explique que la Paix, la vraie, ne peut pas ne pas palpiter d’altruisme, de partage et de la volonté de permettre aux autres aussi de bénéficier le plus possible des valeurs humaines et spirituelles que le monde veut nier à tout prix...
C’est alors que la recherche et la construction de la Paix exigent non pas le calme, mais la lutte de ceux qui veulent vivre leur vie spirituelle dans l’équilibre, mais aussi avec fermeté, étant conscients que l’Amour pour Dieu ne peut être compris comme une dévotion théorique à adresser à une entité abstraite.
L’amour qui oublie les êtres humains avec lesquels on partage son expérience de vie n’est pas Amour véritable pour le Seigneur. Comme si le Christ, loué et invoqué, n’était pas présent aussi en chacun des frères et en chacune des sœurs qui sont le banc d’essai concret où mettre à l’épreuve toute volonté d’aimer…
Et celui qui aime vraiment le prochain – nous fait comprendre Swami – comment peut-il rester passivement « en paix » devant la douleur, la désolation, la solitude et la résignation de beaucoup de personnes ?
La vraie Paix est l’équilibre et la présence divine qui fortifient les cœurs de ceux qui, jour après jour, mènent une lutte non violente mais déterminée pour construire la concorde et la fraternité et pour écouter les cris d’aide.

« Vous tous, vraiment tous, si seulement vous le voulez… et j’espère même que vous le désirez … vous pouvez alléger le fardeau de quelqu’un d’autre et c’est là le premier pas pour commencer à construire la paix pour le prochain et pour vous-mêmes. »

C’est là la paix divine, l’expression de l’esprit qui aime et qui se donne aux autres… malgré tout. C’est là la marche de la paix que chaque personne est appelée à parcourir avec des actions concrètes de charité envers les autres, en s’efforçant constamment de se soustraire à l’attrayante tranquillité qui est la « paix des ennuis »… à savoir la paix de ceux qui sont morts à l’intérieur.
C’est seulement en acceptant ce défi sans quartier contre son égoïsme qu’il est possible de faire siennes les paroles du Maître et de prier en disant :

« Seigneur, donne-moi la grâce d’atteindre l’équilibre intérieur, afin d’accueillir pleinement ta paix en devenant un instrument de paix pour tous… »


P.S. J’avais écrit cette réflexion depuis peu de jours, quand j’ai écouté Swami Roberto qui prononçait des paroles qui – je m’en suis aperçu après – sont la conclusion parfaite de ma réflexion :

« On ne pourra jamais parler de paix tant que le monde n’aura pas atteint une conscience écologique élevée. On ne pourra donc parler de paix, si dans la paix on n’intègre pas nos frères les animaux qui ne vivent pas en paix parce qu’ils sont les victimes de la violence et de l’insensibilité humaines. »